La société civile, la Démocratie, les valeurs républicaines, les élections et la citoyenneté au centre des débats.

Les concepts suivants : société civile, la démocratie, les valeurs républicaines, les élections et la citoyenneté ont été au centre des débats animés par les organisations de la société civile, pendant les journées scientifiques tenues à la Maison de la société civile de Brazzaville du 21 au 22 octobre 2020.

Placées sous le patronage du Secrétaire permanent du Conseil consultatif de la société civile et des organisations non gouvernementales, Monsieur Germain Cephas EWANGUI, ces journées scientifiques ont connu trois temps forts à savoir : la cérémonie d’ouverture, la présentation des cinq communications prévues pour la circonstance et la clôture, assortie du mot du participant.

Dans son allocution d’ouverture, le Secrétaire permanent a dit ses remerciements et salué les participants à ces journées scientifiques, avant de dégager l’intérêt de ses assises.

Selon lui, l’organisation de ces journées trouve sa justification dans l’interpellation du Président de la République son Excellence Denis SASSOU N’GUESSO aux forces vives de la nation. Dans son adresse, il les invitait à « se joindre aux efforts de conscientisation et réarmement moral de nos compatriotes… en cette étape délicate de notre marche vers le développement. ».

Ainsi, la mise en œuvre des missions du Conseil consultatif de la société civile et des organisations non gouvernementales exige l’appropriation de certaines aptitudes de la part des acteurs des organisations de la société civile et des organisations non gouvernementales, afin de contribuer davantage au renforcement des capacités managériales des OSC et ONG et à la mobilisation de toutes les composantes sociales de la nation autour des valeurs républicaines a-t-il déclaré, avant  d’inviter les participants à mener  des actions de sensibilisations, d’éducation, de mobilisation des populations et de plaidoyer à l’endroit des pouvoirs publics. La Démocratie et valeurs républicaines ‘’, présentée par le professeur Théophile OBENGA a été la première communication suivie par les 62 participants conviés à ces journées scientifiques.

Dans son adresse, le professeur Théophile OBENGA a déclaré que : « La démocratie, suivant la définition grecque du concept démocratie, suppose le gouvernement du peuple. La démocratie c’est le peuple discipliné, parce que celle-ci fait la promotion des valeurs républicaines ».

‘’Citoyenneté et Développement’’ et ‘’Société civile et veille citoyenne : problématique et enjeux’’, deux communications qui ont été présentées par M. Simplice BOUKOUNGOU MOUNIANGA, Coordonnateur pays de l’U.A.O.D.

Dans sa première communication axée autour de « Citoyenneté et Développement », Simplice BOUKONGOU MOUNIANGA a mis l’accentsur l’implication des acteurs des organisations de la société civile au processus de développement du pays, à travers des projets concrets, mettant à contribution leur participation citoyenne.

Il part du constat que le développement de notre pays se heurte à l’épineux problème d’antivaleurs et interpelle les acteurs de la société civile à œuvrer davantage dans l’éducation à la culture citoyenne, pour la lutte contre les antivaleurs, un obstacle à l’éveil citoyen.

Les maux comme : le non-respect des lois et règlements, l’incivisme et l’immaturité citoyenne, la concussion, l’absence d’éthique, le non-respect de l’environnement, l’indifférence à l’égard de la chose publique sont à éradiquer pour atteindre le développement a-t-il ajouté.

Développant sa communication liée à la : ‘’Société civile et veille citoyenne : problématique et enjeux’’, Simplice BOUKOUNGOU MOUNIANGA,a affirmé que :la citoyenneté doit se construire à travers l’éducation. Il a dégagé les six acteurs qui constituent le socle à l’éducation citoyenne et leur mission parmi lesquels il a cité :

  • La famille, dans sa mission d’éduquer et de transmettre les valeurs fondamentales ;
  • L’école, avec sa mission de former l’homme et le citoyen ;
  • L’Etat, dans son rôle de la promotion de la citoyenneté ;
  • Les médias, dans leur rôle d’information et de divertissement mais surtout dans sa mission éducative ;
  • Les partis politiques dans leur rôle d’exercice de la démocratie, de l’élaboration d’une conscience politique et d’encadrement de la population ;
  • La société civile lieu d’expression et de mise en pratique de l’éveil citoyen soit par l’éducation aux valeurs citoyennes, soit par une charte du citoyen.

Simplice BOUKOUNGOU MOUNIANGA a clôturé son exposé en invitant les acteurs de la société civile a intégré soit un parti politique soit une organisation non gouvernementale ou professionnelle, au sein desquelles le citoyen devra se mouvoir à travers des actions de terrain ou des projets aux objectifs précis.

La quatrième communication développée par maître Modeste MBOSSA, Commissaire général de l’Association Congolaise pour la Défense du Droit a porté sur ‘’La citoyenneté » : Problématique et enjeux.’’  Ce dernier s’est appesanti sur le parcours historique du concept de citoyenneté, de la Grèce antique à la révolution française et au 20ème siècle avec la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948.

La citoyenneté poursuit-il a trouvé son contenu réel dans nos sociétés à partir des indépendances avec l’adoption en toute souveraineté des constitutions. Au-delà de ce parcours historique, l’orateur tirant sa référence de la constitution du Congo du 25 octobre 2015, titre II, souligne que la citoyenneté comporte des droits, les libertés et devoirs.

La citoyenneté est le fait qu’une personne, une famille d’être reconnue comme membre d’une cité, d’un Etat. La citoyenneté symbolise le respect des droits et devoirs du citoyen d’un Etat. De ce fait, le respect des personnes et des biens est considéré comme une valeur fondamentale de la citoyenneté. Au nombre de ces valeurs, il y a la primauté de la loi, l’égalité, la liberté, la justice le dialogue, de la paix. D’autres valeurs de la citoyenneté sont la civilité, le civisme et la solidarité ainsi que les valeurs républicaines telles que l’unité, le travail et le progrès.

De plus, l’orateur a évoqué dans sa communication les trois dimensions de la citoyenneté : Un statut, une identité collective et un engagement. Au titre des problématiques de la citoyenneté, l’essentiel du débat est focalisé sur la difficulté d’accroitre l’implication, la participation des citoyens dans le processus de la société démocratique. Les faibles taux de participation électorale traduisent un désintéressement à la vie politique.

En effet, l’enjeu principal de la participation citoyenne porte sur la formation d’une citoyenneté active et informée. Cette motivation de la participation citoyenne demeure de nos jours vive.

Ainsi, la constitution du 25 octobre 2015 à son article 238-239 institue un Conseil consultatif de la société civile et des Organisations non gouvernementales en faisant de la participation citoyenne, un principe fondamental à intérioriser.

Au regard de la crise de la citoyenneté manifestée par l’incivilité, l’incivisme, les violences, il est nécessaire de mettre en exergue l’éducation à la citoyenneté constituant un enjeu de taille à l’endroit des élèves et des adultes.

En définitive, l’orateur conclu sous cet angle d’idées, que la citoyenneté se construit. On ne nait pas citoyen, on le devient. Devenir citoyen, c’est se reconnaitre dans les valeurs républicaines y rester fidèle et les promouvoir. Devenir citoyen, c’est comprendre qu’en contrepartie des droits que garantit la République, chaque individu a aussi des devoirs. De même, être citoyen, c’est en premier lieu, agir au service de la communauté politique et de l’intérêt général. Cela implique le droit de vote, de participer aux instances de la vie publique aux plans local, communal, départemental, national.

La cinquième communication des dites journées a porté sur : ‘’élections et processus électoraux : Problématique et enjeux’’ elle a été livrée par Monsieur Céphas Germain EWANGUI, Secrétaire permanent du Conseil consultatif de la société civile et des Organisations non gouvernementales. Dans son exposé, il a dégagé la méthodologie de sa communication en deux phases, la définition du conceptl’élection et la problématique élection et processus électoraux.

L’élection est définie comme un mode de désignation des gouvernants par le peuple, un mode de participation des citoyens à la gestion de la chose publique.

Dans les démocraties émergentes où la démocratie est balbutiante, l’élection est un processus de confrontation qui conduit tantôt à des crises aigues (violences, guerres…). C’est dans ces périodes de crises que la société civile est interpellée.

Sur l’observation électorale, l’orateur a énuméré trois étapes d’observation :

  • L’observation du processus électoral ;
  • L’observation du scrutin ;
  • L’observation analytique qui repose sur la résolution des problèmes liés au cadre juridique et à la gestion institutionnelle.

A ce stade, la société civile a le devoir de faire le plaidoyer.

Sur la problématique du fonctionnement des élections, l’orateur a édifié les participants que dans tout système démocratique il y a des règles d’ordre exclusifs, c’est le cas des vieilles démocraties où l’Etat seul fixe les règles de jeu électoral, excluant les organes de gestion électorale. Les règles peuvent être inclusives, cas des démocraties émergentes avec la mise en place des organes de gestion électorale où les actes préparatoires aux élections sont accomplis par le gouvernement ou le Ministère de l’intérieur et la supervision ou l’organisation des élections relève d’un organe indépendant (Commission nationale électorale indépendante CNEI). Il y a lieu de signaler que toutes ces règles se valent, pourvu que les élections soient démocratiques.

Sur les enjeux des élections et processus électoraux, ils peuvent se caractériser par la consolidation de la démocratie, la promotion des droits civils et politiques, la couverture médiatique qualitative des élections par la presse, par l’appropriation des élections par toutes les parties prenantes. L’orateur a conclu sa communication par l’existence de la démocratie en Afrique à travers des illustrations en sa qualité d’expert et grand acteur de la société civile dans le cadre électoral.

Les participants à ces journées ont reconnu dans leur mot l’importance que l’Etat congolais accorde à la société civile, en la dotant d’une institution constitutionnelle. Ils ont compris que les acteurs de la société civile et des organisations non gouvernementales devraient se mettre dans les conditions structurelles et managériales leur permettant de jouer leur rôle d’accompagnement des pouvoirs publics, dans les politiques de développement et du processus électoral.

 Le mot du participant a exhorté le Secrétariat permanent du Conseil consultatif de la société civile et des Organisations non gouvernementales à soutenir les organisations dont l’objet est en rapport avec les élections, gage d’un accompagnement optimal du processus conduisant à l’élection présidentielle de 2021, que les acteurs de la société civile exigent libre, transparente, équitable et apaisée.

Les participants ont pris l’engagement de ne ménager aucun effort sous l’impulsion du Secrétariat permanent du Conseil consultatif de la société civile et des Organisations non gouvernementales, de s’acquitter des missions dévolues à la sociétés civile et aux Organisations non gouvernementales, dans les domaines de la sensibilisation, d’éducation, de mobilisation et d’encadrement des populations autour de la culture démocratique, des valeurs républicaines, de la citoyenneté, de paix et du vivre ensemble.

Clôturant les travaux, M. le Secrétaire permanent a vivement remercié les conférenciers et les participants pour la sérénité et la discipline observées tout au long du déroulement des travaux. Il a rappelé que l’ambition du Secrétariat permanent est de faire jouer aux organisations de la société civile, le rôle sensé être le leur : celui d’accompagner les efforts des pouvoirs publics, pour l’édification d’une nation à la hauteur des espérances de ses citoyens. Il a salué la riche contribution du Professeur OBENGA.